Vulnérabilité extrême de la Suisse en cas d'accident nucléaire

Plateau contaminé, Suisse coupée en deux

Le Docteur en Géosciences et environnement genevois Frédéric-Paul Piguet, de l'Institut Biosphère, a comparé de façon méticuleuse, dans une étude rendue publique ce week-end en Suisse allemande, le danger que représentent les 194 centrales nucléaires de 31 Pays : La Suisse, vu l'exiguïté de son territoire et la densité de la population, se révèle être particulièrement vulnérable. Sur les 194 centrales examinées, les 4 suisses figurent parmi les 8 plus dangereuses.

Beznau, dont on vient d'apprendre que la cuve de confinement comporte des centaines de trous, est même classée 3e de cet inquiétant palmarès, après la centrale de Metsamor en Arménie et de Kuosheng à Taïwan.

M. Frédéric-Paul Piguet affirme : « En terme de déplacement de population, de perte de territoire, d’appauvrissement du pays, de fragilisation institutionnelle, de risque d’éclatement du pays, un accident nucleaire majeur dans l’une des centrales nucléaires aurait un coût équivalant, vu lʼexiguïté du territoire suisse, à lʼimpact dʼune guerre. »

L'étude met aussi en évidence l'attitude irresponsable de M. Maurer dont le département écarte le scénario aux conséquences les plus lourdes (scénario a6, rapport IDA NOMEX de la Confédération). Cette décision arbitraire d'écarter le scénario catastrophe empêche la protection civile de coordonner la mise en place des préparatifs en cas d'accident nucléaire. Christian van Singer, vice président de l'Alliance suisse Non au Nucléaire, et porte-parole de l'association Sortir du nucléaire, s'interroge : « N’est-il pas irresponsable, voire criminel, d’exclure la pire des hypothèses, nous empêchant de préparer nos plans de réaction face à une catastrophe nucléaire ? Nos autorités ne font-elles pas preuve de la même arrogance que les Japonais qui refusaient d’admettre la possibilité d’un tsunami majeur, ou que les ingénieurs soviétiques qui clamaient l'infaillibilité de leurs centrales nucléaires avant la catastrophe Tchernobyl ? »

L'étude et les infographies mettent en évidence qu'en cas d'accident de l'importance de Fukushima, la Suisse serait coupée en deux par une zone inhabitable comportant plusieurs cantons. Aussi, c'est le coeur du plateau suisse, la région la plus densément peuplée du pays, qui deviendrait zone interdite. Et en cas même de faible bise les cantons romands seraient inclus dans la zone d'évacuation.

Pour plus de renseignements:
Etude sur la vulnérabilité de la Suisse en cas dʼaccident nucléaire majeur sur le territoire national
Frédéric-Paul Piguet, Institut Biospère: 079 741 52 53
Christian van Singer, Porte parole « Sortir du nucléaire », Conseiller national : 078 793 61 78

Communique de presse de l'association Sortir du nucleaire Suisse romande
12 octobre 2015